Agenda québécois de l'environnementPierre Richard et Suzan Lauzon, organisateurs de Fleurs de Macadam, à Aylmer en Outaouais, sont tenaces: chaque année, leur événement, qui réunit en un seul jour de mai plus de 2000 enfants du primaire et du secondaire pour dessiner sur les pavés, peut tourner au dé- sastre à cause d’une simple ondée! En 1998, Dame Nature a aspergé les fresques que venaient d’exécuter les enfants, les transformant en aquarelles avant de les faire complètement disparaître. Le jeu en vaut-il la chandelle? «Absolument! croit Mme Lauzon. Il faut voir la poussière de 15000 craies en suspension dans l’air pendant que les artistes s’exécutent, et les passants qui se promènent la tête baissée! La pluie de 98 nous a fait dé-couvrir qu’en mouillant la craie, on obtient une pâte fluorescente, ce qui donne un effet si surprenant que nous permettons maintenant aux participants de mouiller leurs oeuvres quand il ne pleut pas».

Est-ce pour conjurer le sort? Centraide du Grand Montréal a transformé son lancement de campagne annuel en pied de nez aux Miss Météo avec sa Marche aux milliers de parapluies qui a lieu en octobre. L’organisme s’assure ainsi que l’événement aura lieu beau temps mauvais temps, avec en prime une touche d’originalité par un ciel bleu d’azur.

Pour Brigitte Dubé de la Journée des musées montréalais, c’est plus compliqué. Si l’on souhaite un peu la pluie «pour compétitionner avec le retour du jardinage» et faire venir les Montréalais dans les musées, les lar-gesses de Galarneau sont bienvenues pour rendre l’attente plus agréable dans les zones d’animation des circuits d’autobus. Mais un mercure trop haut aura un effet négatif sur l’achalandage. Ainsi, en 99, une cuisante canicule dissipa la foule vers 14h00. Le taux de participation atteint quand même 65 000 personnes. Cette année, avec de nouveaux musées au programme (Biodôme, Isci...) et une température idéalement maussade, 90 000 personnes ont répondu à l’appel de la Société des directeurs de musées montréalais.

Toute l’année, notre météo connaît des hauts et des bas, et notre réputation d’obsédés du beau temps n’est plus à faire. Mais dans quelle proportion peut-on assumer cette immense part de risques quand des investissements sont en jeu ?

La météo un an d’avance
Dans notre quotidien, la météo a sa petite place, mais lorsqu’on investit des millions dans un événement extérieur, on se soucie vraiment du temps qu’il fera: À qui se fier? Les sources sont-elles sûres... et quelles sont-elles?

Le climatologue Denis Gosselin d’Environnement Canada précise que l’organisme «peut faire des prévisions à long terme pouvant aller jusqu’à un an d’avance» et il fait le point pour nous sur les outils disponibles: «Pour le très court terme, on parle de prévisions déterminantes». Les nuages sont là, on observe la trajectoire. À moyen terme, jusqu’à trois mois à venir, on se sert de programmes informatiques qui simulent le comportement de l’atmosphère. «La probabilité est alors de 70%, selon M. Gosselin, et satisfait les grandes entreprises comme Hydro-Québec qui peut ainsi évaluer les risques, en combinant d’autres facteurs, pour l’exécution de certains travaux».

Quel temps fera-t-il pendant le Maski-Courons de Saint-Gabriel ou Woodstock en Beauce en juin prochain? Les prévisions à long terme ne sont pas aussi précises et «à un an d’avance, dit le climatologue, nous avons parfois seulement une chance sur trois d’avoir raison». La méthode de prévision est relative à la température des océans pour la période visée, combinée aux cas similaires observés dans le passé (de 1956 à 1994, par exemple). Le résultat des recherches à long terme nous permet de voir si, pour une période donnée, les températures et précipitations risquent d’être plus hautes, plus basses ou moyennes. Un bon minimum, non?

Un site compliqué et impressionnant
Les organisateurs d’événements qui désirent consulter ces données peuvent le faire via le site www.cmc.ec.gc.ca en choisissant Prévisions, Cartes et bulletins. On arrive alors sur la page Prévisions Opérationnelles au bas de laquelle ont peut choisir Prévisions mensuelles et saisonnières. Concertation

Les Prévisions mensuelles indiquent, chaque premier du mois, comme sur l’image de gauche, les anomalies de la température à venir. «Anomalies», car ce qui nous intéresse, ce sont les écarts! Ainsi, les températures de novembre 2000 seront au-dessus de la moyenne, semble-t-il. Le choix Saisonnières nous mène à deux alternatives: Anomalies des températures ou des Précipitations. La sélection de l’un ou l’autre permet d’atteindre la saison qui nous intéresse. En cliquant sur Été 2001, deux cartes: la première donne les anomalies prévues, la seconde vous montre les probabilités en pourcentage que ces promesses se réalisent ou non, région par région.

Le numéro général pour le Québec d’Environnement Canada est le (514) 283-1112. Pour toute demande spécifique, on peut joindre Sonia Trentin au (514) 496-5832 ou climat.quebec@ec.gc.ca