Depuis 10 ans, on ne compte plus les projets similaires morts au feuilleton ou n'ayant jamais fait l'unanimité, émanant d'organismes dits rassembleurs (le Centre d'entreprise de mode, l'Association des designers, la Table de concertation du vêtement...). Un Festival de la mode, lancé en grande pompe en 1997, s'est finalement étouffé à quelques jours du départ. Le Ministère de l'industrie et du commerce remet actuellement en question la semaine «Québec en vitrine», consacrée essentiellement à l'achat de vêtements de chez-nous. Comment se définit alors cette Xème initiative d'une industrie gigantesque qui n'a jamais su se concerter? Concertation
La Semaine de Mode de Montréal 2001 se veut le lancement officiel des collections saisonnières de l’industrie de la mode de Montréal. Fait intéressant, l'événement s'affiche avant Toronto au calendrier canadien des lancements de collections. Montréal a toujours été la véritable capitale de mode au pays. Toronto se positionne artificiellement comme ville de mode en investissant massivement dans la promotion depuis 20 ans alors que dans les faits, Montréal se démarque avec près de 50 % de la production canadienne, contre 20 % pour Toronto.

Selon Lynda Brault, coordonnatrice de Liaison Mode Montréal, «la création d’une semaine de mode bisannuelle, vise à augmenter la visibilité et la notoriété des produits et de l'industrie de la mode du Québec mais aussi à positionner Montréal sur l’échiquier mondial des grandes capitales de la mode, et ce, avant l’ouverture des marchés prévue par l’Organisation mondiale du commerce en 2005».

Pour la première fois, les activités de l’industrie seront concentrées à l’intérieur d’un même calendrier et se dérouleront pendant cinq jours, un peu partout a Montréal, dans les lieux choisis par les designers, ce qui est très important pour eux. Les défilés où une douzaine de créateurs se partagent les mêmes décors et les mêmes stylistes ont souvent été dans le passé un objet de heurts et d'insatisfaction. Le choix de la date est aussi souvent source de conflits, et Liaison Mode Montréal sera confronté à l'obstination habituelle de certains, qui ne voudront pas manquer un voyage en Europe ou à New York, pour la simple réussite de cette concertation.

Parmi les créateurs impliqués dans cette première Semaine, mentionnons Marisa Minicucci, Luc La Roche, Philippe Dubuc, et Michel Desjardins. Notez que Christian Chenail (Muse) et Chantal Lévesque (Shan), deux figures de proue du milieu, ne seront pas du nombre.

Même si les grands quotidiens n'ont toujours donné aucun écho à cette nouvelle jusqu'ici, et que cette industrie ne dispose d'aucun journal professionnel, cette initiative de Liaison Mode Montréal pourrait bien réussir, car il s'agit d'une structure légère. Cette «Semaine de mode» n'est en fait qu'une promotion-parapluie, qui n'entrave en rien la liberté des créateurs — exception faite d'une restriction temporelle, nécessaire pour créer l'événement.