C'est en janvier et au début de février que les nouvelles culturelles et sportives se sont transformées en avalanche de catastrophes événementielles. La température hivernale exceptionnellement clémente a donné du fil à retordre à bon nombre d'organisateurs aux quatre coins du Québec:

Agenda public du Québec À Québec, l’ouverture du Centre de glisse Myrand, initialement prévue pour le 7 janvier, a été annulée. L'expression use-culottes pour désigner une glissade en glace est désormais un mot juste, sans jeu de mots. Temps doux et pluie ont perturbé la traditionnelle pêche blanche aux poulamons de Saint-Anne-de-la-Pérade et son Symposium de sculptures sur neige. La 24e Fête des Neiges de Montréal aura été marquée par la première annulation d'un week-end d'activité de son histoire et l'utilisation stratégique de canons à neige.

L'organisation du Carnaval de Québec, qui bénéficie habituellement d'une température oscillant entre -30° et -10° C, devait quant à elle suspendre toutes ses activités le 5 février en raison de la mauvaise température et de l’accumulation d’eau au sol. Annulé en raison de conditions météo défavorables, le véritable happening qu'est l'événement annuel Golf sur la Banquise est une autre des grandes victimes de l'hiver 2006.

Même les vignerons produisant du vin de glace cueillent maintenant le raisin de nuit pour tenir leurs vendanges entre -8 et -12 degrés Celsius, nous apprenait l'émission La Semaine Verte de Radio-Canada le 5 février dernier.

Autre surprise: le festival annuel de nids-de-poule auquel nous avons généralement droit au printemps est apparu en février cette année. Exaspération populaire aidant, l'événement a donné lieu en 2006 à une hypermédiatisation et à une surenchère de colmatage de trous sur la chaussée des grandes villes du Québec. De 9 trous bouchés en 90 heures à Montréal, on atteignait rapidement les 750 nids-de-poule remplis par jour à Gatineau.

Des événements pour panser et penser l'hiver
En octobre dernier, quelques mois avant l'étrange hiver qui nous attendait, le ministre des Transports du Québec, Michel Després, annonçait que le Québec avait été choisi pour accueillir, en février 2010, le XIIIe Congrès international de la viabilité hivernale de l'Association mondiale de la route (AIPCR). Ce prestigieux congrès scientifique réunira quelque 2000 spécialistes et exposants qui échangeront sur les plus récentes méthodes et techniques en matière d'exploitation, de gestion et d'entretien d'un réseau routier en conditions hivernales. Mais cet événement d'envergure, qui promet d'importantes retombées pour la Ville de Québec, n'est pas le seul du genre à garnir le calendrier québécois des prochaines années. Agenda québécois de l'environnement Deux colloques de la Société de météorologie de Québec (SMQ) mobiliseront les chercheurs à l'Université Laval dans quelques jours: Variabilité, extrêmes et changements climatiques au Québec: de l'observation à la modélisation (le 17 février), organisé avec le Centre d'études nordiques (CEN) et, le 3 mars, Recent changes in land ice extent and volume in the Canadian High Arctic, qui s'intéressera aux modifications de la calotte polaire.

Au congrès de l'ACFAS 2006, grande messe scientifique et culturelle qui aura lieu à l'Université McGill cette année, on compte un premier Colloque sur les risques naturels au Québec. Entre autres au programme: phénomènes météorologiques extrêmes (orages, tornades, cyclones, verglas, vagues de froid et de chaleur).

Mais pour certains, les tables rondes ne suffisent pas. Journée météorologique mondiale à la fin mars et Jour de la Terre en avril ne valent pas l'action sur le terrain. Comment vaincre l'hiver ou le non-hiver en criant «victoire» sur tous les fronts? Un exemple:

Déterminé à ne pas laisser l'hiver chasser sa clientèle, Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, offre cette année (tous les samedis des mois de janvier et de février), une réduction sur les droits d'entrée au Musée équivalente en pourcentage à la température extérieure enregistrée à 10 h le matin même, sans facteur éolien. Baptisée «Les Samedis sous zéro à Pointe-à-Callière», la promotion permet, par exemple, d'obtenir un rabais de 35 % sur chaque billet d'entrée au musée si le mercure passe sous la barre des -35 degrés C. Une idée originale... et sans risque, cette année!

Référence: Agenda public du Québec

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