Frapper l'imaginaire
Par l'Agence de presse du Québec, mercredi 1 mars 2006 à 09:41
Une quinzaine d'étudiants du baccalauréat en études politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke organiseront ce printemps, au coeur de l'Estrie, un véritable camp de réfugiés avec tentes et équipements d'usage. L'opération, qui durera quarante heures, permettra au grand public et aux médias de comprendre la vie précaire qui règne au sein des camps.
Cette activité, qui aura lieu en mai sur une parcelle de terrain de l'Université de Sherbrooke, tient sa source à l'Université Laval qui a organisé un événement semblable dans la capitale l'an dernier. «Le but est de faire le tour des universités canadiennes qui sont membres du Réseau Droits et Démocratie au cours des prochaines années», explique Maude Hébert, étudiante à l’Université de Sherbrooke et directrice du projet. L'objectif, en offrant à une cinquantaine de personnes de vivre deux jours dans la peau d'un réfugié, est la sensibilisation au sort des réfugiés et des personnes déplacées.
En 2004, on comptait plus de 40 millions de réfugiés et de personnes déplacées dans le monde. Plus près de nous, la ville de Sherbrooke accueille chaque année de 300 à 400 réfugiés. Selon Madame Hébert, «Encore aujourd’hui, plusieurs préjugés circulent autour de la situation des personnes réfugiées. Or, en vivant dans la peau d’un réfugié et en étant informés de leur situation, les participants seront plus aptes à saisir la vie d’une personne immigrante ayant le statut de réfugié».
Ce projet se prépare depuis avril 2005 et est chapeauté par la Délégation Droits et Démocratie de l’Université de Sherbrooke. Une programmation incluant des conférences d'intervenants auprès de réfugiés, un forum d'information et une pièce de théâtre sur la réalité des camps de réfugiés à travers le regard des enfants, sera également offerte lors de cet événement baptisé Sur la piste des réfugiés. De plus, des étudiants du baccalauréat en enseignement secondaire feront la tournée des écoles de la région afin de sensibiliser les jeunes à la cause des réfugiés.
À QUÉBEC: UN MOIS PLUS TÔT
L'Université Laval présentera quant à elle pour une deuxième année l'événement Sur la piste des réfugiés, au début du mois d'avril. Créé en 2005 par des étudiants de la maîtrise en études internationales à l'Agora du pavillon Alphonse-Desjardins, l'opération de sensibilisation remportait les honneurs en septembre dernier au Gala Forces avenir, primé comme «Projet universitaire de l’année au Québec».
DES ÉVÉNEMENTS D'IMPACT
Le fait que l'événement Sur la piste des réfugiés émane des milieux étudiants est sans précédant au Canada, soulignent ses organisateurs. L'occupation de l'espace urbain pour tenir des simulations de camps de réfugiés a toutefois quelques précédents qu'il mérite de signaler.
Depuis quelques années, un camp de réfugiés est monté en plein centre-ville de Montréal par le groupe Action terroriste socialement acceptable (ATSA), pour donner un refuge temporaire aux sans-abri, mais aussi pour sensibiliser les gens à leur situation ici et de par le monde. En novembre 2005, on y a dressé deux tentes. La première servait de dortoir à près d'une centaine de sans-abris et la seconde était destinée à servir 450 repas par jour. Spectacles et projections de films ont été présentés sur le site en soirée, durant les quatre jours de l'événement.
En mai 2005 au Manitoba, la simulation de camp de réfugiés ''In exile for a While'' a permis à la population de découvrir la dure réalité que les réfugiés vivent au quotidien. L'organisme Mennonite Central Committee offre même là-bas, aux écoles et groupes d'action communautaire qui le désirent, un mode d'emploi pour la mise en place d'un camp simulé à des fins pédagogiques.
La simulation d'un camp de réfugiés dans n'importe quel pays occidental attire toujours l'attention. En organisant un tel événement, les organismes soucieux de sensibiliser la population et de familiariser celle-ci à l’action des travailleurs humanitaires offrent également à nos sociétés opulentes un questionnement sur leur apport réel en cas de crise internationale, et au sort qu'elles réservent à leurs propres citoyens démunis, qui vivent l'errance par exemple.
Référence: Agenda public du Québec - Politique
Ceci est un lien direct sur cet article: www.agendapublic.net/index.php/2006/03/01/69-sherbrooke-refugies-2006













