Il est conteur, auteur, compositeur et interprète depuis déjà longtemps. À l’aise avec les journalistes, il nous tend le parchemin d’un vieux routier, fait de chansons accrocheuses, de poésie forte et cadencée, de spectacles où la scène est dominée et le public, gagné.

Pourtant, Mathieu Lippé vient à peine de se lancer, pour la première fois de sa vie trentenaire, dans la ronde des tournées de presse, des annonces d’albums et de spectacles. Mais si vous voyez ici poindre un autre de ces «produits culturels» qui naissent pour alimenter les radios et s’enchâsser dans le moule usé de la mécanique culturelle québécoise, détrompez-vous! Le jeune homme va là où son coeur le mène et suit une démarche de l’esprit.

Mathieu LippéRencontré dans un restaurant iranien de Montréal il y a quelques mois, Mathieu Lippé parut d’emblée à l’aise et authentique. Dès la première question posée, visant à chercher les influences d’un artiste qui dépeint simplement le monde qui l’entoure, la réponse est directe: «Je n’ai vraiment d’influence de personne. Je m’en préserve, en fait, en écoutant si peu les autres», lance-t-il.

Avec son dernier disque, Là où le coeur mène, le blond troubadour sherbrookois provoque facilement l’adhésion, offrant ses mélodies accrocheuses à souhait. On se demande comment se créent une suite d’oeuvres aussi originales et enivrantes, alliant musiques du monde et trad’, qui rappellent à la fois Raoul Duguay, Dépêche Mode, Pauline Julien, Gilles Vigneault et Johnny Clegg.

Mathieu Lippé n’hésite pas à colorer ses ritournelles de cris d’outardes et de croquements de pommes. D’une pièce à l’autre... sommes-nous toujours au Québec? Le violon suggère sur une pièce un rigodon, mais il s’agit en fait d’un air franchement asiatique! Et sur une autre, un jeu de cuillères cède sa place au tabla indien. Le génie de Lippé consiste à livrer ce tout éclectique sous la forme d’un harmonieux folklore qui n’est autre que québécois.

Écouter Mathieu Lippé et son propos crédible d’environnementaliste humaniste nous transporte au bal musette, dans un piano-bar, dans un harem parfumé d’encens. Le verra-t-on un jour sur le site d’un grand spectacle de la Saint-Jean, où une foule de Québécois de toutes allégeances, provenances et croyances l'acclameront et le remercieront de mettre en musique le nouveau «nous» d’un peuple? «J'imagine» répondront ses admirateurs...

Mathieu Lippé sera sur la scène
de la Maison de la culture Mercier

Samedi 25 octobre 2008 - 20h
8105, rue Hochelaga
(514) 872-8755

Pour plus de détails visiter www.mathieulippe.com

Également, sur www.myspace.com/mathieulippe, on peut entendre entre autres la pièce «J'imagine» et découvrir les dates de ses prochains spectacles.